L’histoire du Bitcoin

Bitcoin (de l’anglais bit : unité d’information binaire et coin « pièce de monnaie »), est d’une part une monnaie virtuelle de type monnaie cryptographiquenote et d’autre part un système de paiement pair-à-pair, présenté par une personne sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, qui annonce son système en 2008 et publie le code source en 2009.
En 2012, d’après la Banque centrale européenne, il s’agit du schéma de monnaie virtuelle le plus abouti et le mieux répandu, cependant c’est aussi le plus controversé. D’ailleurs, la Banque centrale européenne considère le bitcoin comme une commodité et non comme une monnaie

Présentation

Pour créer et gérer les bitcoins, Bitcoin s’appuie sur un logiciel. Dans ce logiciel, les bitcoins sont créés conformément à un protocole qui rétribue les agents qui ont traité des transactions. Ces agents mettent à contribution leur puissance de calcul informatique afin de vérifier, de sécuriser et d’inscrire les transactions dans un registre virtuel, appelé la Blockchain. L’entité de base de Bitcoin s’appelle un bloc. Les blocs sont reliés en une chaîne, d’où le nom, « chaîne de blocs » ou « Blockchain » en anglais.

Pour chaque nouveau bloc accepté, l’activité de vérification-sécurisation-enregistrement, appelée minage, est rémunérée par des bitcoins nouvellement créés et par les frais des transactions traitées. Comme pour toute monnaie, les bitcoins peuvent être échangés contre d’autres monnaies, biens ou services. Le prix de la crypto-monnaie est fixé principalement sur des places de marché spécialisées et fluctue selon la loi de l’offre et de la demande.
L’unité de compte de Bitcoin est le bitcoin. Son émission est limitée à 21 millions d’unités, chacune divisible jusqu’à la huitième décimale. Le système fonctionne sans autorité centrale, ni administrateur unique, mais de manière décentralisée grâce au consensus de l’ensemble des nœuds du réseau. Bitcoin est la plus importante monnaie cryptographique décentralisée avec une capitalisation supérieure à 200 milliards de dollars début décembre 2017. Le symbole monétaire officiel a été déposé et accepté en 2015 auprès d’Unicode. Les sigles correspondants, utilisés par les plates-formes d’échange, sont BTC et XBT. Parmi les symboles non officiels utilisés, on trouve ฿ et Ƀ. Il est à noter que Bitcoin n’est pas la seule cryptomonnaie, car des crypto-monnaies concurrentes à Bitcoin ont été créées, à savoir Bitcoin XT, Bitcoin Unlimited, Bitcoin Classic, Bitcoin Cash et Bitcoin Gold.

Moyen de paiement

En tant que moyen de paiement, le bitcoin est accepté par un nombre croissant de commerçants, incités par des frais de transaction généralement inférieurs aux 2 à 3 % pratiqués par les organismes de cartes de crédit et indépendants du montant de la transaction. Contrairement aux cartes de crédit, les frais éventuels sont à la charge non pas du vendeur mais de l’acheteur, qui choisit d’en payer volontairement. Une transaction bitcoin est irrévocable et ne peut être annulée. Malgré une croissance de 500 % du nombre de marchands acceptant le bitcoin en 2014, la cryptomonnaie n’est pas très implantée dans le commerce de détail, mais continue de s’implanter dans les échanges commerciaux.

Usage

Depuis sa création en 2009 et jusqu’à la fermeture par les autorités américaines de Silk Road en 2013, le bitcoin a été utilisé majoritairement comme moyen d’échange par des réseaux criminels pour des jeux d’argent, l’achat de substances illicites, ou pour des bases de données piratées. La cryptomonnaie a attiré l’attention des autorités financières, des organes législatifs de différents pays notamment américains et des médias.
Néanmoins, ces dernières années, la cryptomonnaie a mûri et un nombre croissant d’études concluent que ces activités illégales, bien qu’elles existent toujours comme dans tout système de paiement, ne représentent plus qu’une part minoritaire des échanges de la crypto-monnaie. Le Sénat des États-Unis reconnaît par ailleurs que le bitcoin permet de fournir des services financiers parfaitement légitimes.

Création

Bitcoin est une amélioration du concept de b-money, imaginé par Wei Dai en 1999, et de bitgold, décrit en 2005 par Nick Szabo. Le bitcoin résout en particulier le problème crucial du modèle de confiance : les serveurs considérés comme sérieux votent avec leur puissance de calcul pour déterminer la chaîne de transaction légitime. Dans b-money, les serveurs étaient supposés verser un dépôt de garantie selon un mécanisme peu explicite. L’idée d’utiliser une chaîne de preuves de calcul fut avancée dans le projet bitgold bien que Nick Szabo ne proposât d’utiliser qu’une majorité d’adresses pour établir la légitimité d’une chaîne de transactions, ce qui laissait entier le problème du contrôle du nombre des adresses.

Satoshi Nakamoto a affirmé qu’il avait travaillé sur bitcoin de 2007 à 2009. Dès 2008, il publie un document sur une liste de diffusion décrivant la monnaie numérique bitcoin. En février 2009, il diffuse une annonce concernant son travail sur le site P2P Foundation (en). Le 3 janvier 2009, le premier bloc ou bloc genesis est créé. En février 2009, il diffuse la première version du logiciel Bitcoin sur le site P2P Foundation et pour faire fonctionner le réseau, il met à contribution son ordinateur et engendre ainsi les premiers bitcoins. Avec d’autres développeurs, Nakamoto continue l’implémentation du logiciel et de sa version Bitcoin-Qt jusqu’en 2010. Plusieurs personnes ont revendiqué être Satoshi Nakamoto, mais aucune d’entre elles n’a pu le prouver de manière indubitable.
Les développeurs et la communauté bitcoin perdent progressivement contact avec lui au milieu de l’année 2010. Le 12 décembre 2010, un dernier message est posté par Nakamoto sur le principal forum. Peu de temps avant de s’évanouir, Nakamoto désigne Gavin Andresen comme son successeur en lui donnant accès au projet SourceForge bitcoin et une copie de la clef d’alerte. Cette dernière est une clef cryptographique privée unique permettant d’atténuer les effets d’une attaque potentielle sur le système Bitcoin, comme la découverte d’une faille cryptographique permettant de modifier a posteriori les transactions, ou la prise de contrôle de plus de 51 % des nœuds du réseau. Les opérateurs des nœuds du réseau peuvent lors d’une alerte soit avertir leurs usagers, soit stopper tout enregistrement de transaction.

L’identité de Nakamoto a donné lieu à de nombreuses spéculations. Il n’existait aucune trace de son identité avant la création de bitcoin. Sur son profil, il déclarait être un Japonais de 40 ans.
En mars 2014, la journaliste Leah McGrath Goodman (en) du magazine Newsweek annonce avoir retrouvé la trace de l’inventeur de bitcoin qui serait, selon elle, un Nippo-Américain de 64 ans dont le nom de naissance est Satoshi Nakamoto, bien qu’il ait changé son nom en Dorian Prentice Satoshi Nakamoto à l’âge de 23 ans. Il s’agirait d’un physicien retraité vivant en Californie. Cette thèse a été méthodiquement démontée un mois plus tard par des linguistes de l’Université Aston en Angleterre qui ont réalisé une étude approfondie des correspondances linguistiques entre les productions écrites de l’auteur du livre blanc de bitcoin et de plusieurs personnalités suspectées, notamment Dorian Nakamoto.

En 2016, Craig Steven Wright, un entrepreneur australien, affirme être Satoshi Nakamoto. Cependant, des doutes subsistent, l’intéressé ayant lui-même déclaré le 5 mai 2016, dans un énigmatique message sur son blog personnel, renoncer à diffuser les preuves confirmant qu’il est bien le créateur de bitcoin.
Le 27 septembre 2012, la Fondation Bitcoin est créée.

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